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Le Plan de Gestion de Données du point de vue du chercheur : synthèse du webinaire
Dans le cadre de sa première participation au Printemps de la donnée, l’atelier de la donnée Lyon Saint-Étienne DATALystE a organisé, le 8 juin 2026, un webinaire consacré aux retours d’expérience de chercheurs sur le Plan de Gestion des Données (PGD/DMP). Le Comité d’Organisation du webinaire DATALystE remercie chaleureusement les intervenants qui ont partagé leurs expériences (et tâtonnements) auprès de la communauté recherche et les plus 80 personnes présentes qui ont manifesté leur intérêt.
Dans le cadre de sa première participation au Printemps de la donnée, l’atelier de la donnée Lyon Saint-Étienne DATALystE a organisé, le 8 juin 2026, un webinaire consacré aux retours d’expérience de chercheurs sur le Plan de Gestion des Données (PGD/DMP).
L’objectif de cet évènement était de mettre en lumière les réflexions ayant accompagné l’élaboration de ces PGD, ainsi que les bénéfices et les évolutions qu’ils ont permis de susciter au sein des projets de recherche concernés. La diversité des disciplines représentées et des contextes de production des données a permis de mettre en perspective le rôle du PGD au sein de l’ensemble du cycle de vie et de la chaîne de gestion des données d’un projet ou d’un laboratoire de recherche.
Trois présentations ont ponctué le webinaire :
- PGD entité : Guy Genestoux (DISP, INSA Lyon).
Le laboratoire DISP (Décision et Information sur les Systèmes de Production), en cotutelle avec Lyon 2, a mis en place un process, partiellement automatisé et appliqué aux doctorants, autour des données, de la collecte jusqu'à l'archivage, avec une volonté à termes de l’étendre à l’ensemble du laboratoire.
- PGD pluridisciplinaire avec données de santé : Anaël Marrec (Triangle, Sciences Po Lyon) et Gwenola Le Naour (Triangle, Sciences Po Lyon), membres de l’équipe du projet OPAL, coordonné par Sciences Po Lyon et financé par la Fondation pour la recherche médicale.
Ce projet de recherche participative porte sur les expositions professionnelles aux mélanges de substances polyperfluoroalkyles (plus connus sous le nom de PFAS) chez les travailleurs de Lyon. L’approche est pluridisciplinaire (mêlant SHS, sciences de l’environnement et épidémiologie), avec plusieurs structures partenaires. Les données du projet sont sensibles et nécessitent des traitements particuliers.
- PGD STM : William Wheeler (Issu des travaux de thèse - Laboratoire Ampère UMR 5005, LEPMI UMR 5279, EVE System)
William Wheeler est revenu sur ses travaux de thèse et a illustré comment la rédaction d’un PGD qu’il n’a pas réalisé à l’époque, aurait facilité le partage et la valorisation des données collectées lors de sa thèse, qui ont abouti à la rédaction d’un data paper et au dépôt du jeu de données sur l’entrepôt Recherche Data Gouv.
Synthèse du webinaire :
A des échelles variées, qu’il s’agisse d’un laboratoire, d’un projet financé, ou d’un individu avec une thèse, les trois intervenants ont illustré avec des enjeux et temporalités différents les bénéfices d’un PGD autour de 3 mots clés : anticiper, documenter, partager.
- Anticiper et gagner du temps : le PGD comme outil-clé d’une démarche intègre et éthique
Le PGD est d’autant plus utile au début d’un projet de recherche ou d’une démarche de gestion raisonnée des données qu’il permet de (se) poser les questions importantes relatives au cycle de vie de la donnée et anticiper certains enjeux primordiaux.
Anaël Marrec (AM) et Gwenola Le Naour (GLN) ont ainsi souligné l’importance des démarches auprès des DPO, service juridique et comité d’éthique pour mettre en œuvre les bonnes pratiques au regard de la typologie des données collectées (données sensibles, de santé, entretiens…). La rédaction du PGD a aussi permis d’identifier la potentielle valeur scientifique et historique de certaines données avec la perspective de recommandations vers un archivage auprès des Archives Nationales du Monde du Travail (par les salariés).
La problématique de la propriété des données et leur partage est également un point essentiel à anticiper, particulièrement pour les publications, et d’autant plus quand le projet compte plusieurs partenaires, relève de partenariat industriel ou de science participative. William Wheeler (WW) a ainsi souligné le gain de temps qu’il aurait eu au moment de la publication de son data paper s’il avait anticipé ce sujet auprès de l’industriel avec qui il travaillait pour ses données. AM a indiqué que le sujet de l’autorat et la façon dont les salariés impliqués vont être cités ou pas afin de les protéger sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion du projet OPAL.
P. Genestoux (PG) quant à lui développe une démarche de PGD au sein du laboratoire afin d’anticiper la capitalisation des données, en particulier celles des doctorants, répondant ainsi à une obligation légale mais aussi avec comme perspective d’aller plus loin dans leur exploitation.
- Documenter et piloter : le PGD pour une gestion raisonnée de ses données
Le PGD aborde toutes les étapes du cycle de vie de la donnée de la collecte jusqu’à la réflexion sur l’archivage des données, leur destruction, en passant par leur traitement, leur anonymisation, leur organisation.
P. Genestoux a précisé ce que recouvrent les données au sein du laboratoire DISP : ce ne sont pas uniquement les données tabulaires, mais aussi des images, les codes et scripts crées ou mobilisés. Il s’agit également d’assurer la reproductibilité des traitements avec comme prochaines étapes dans leur démarche un point sur les licences et un archivage sur Software Heritage.
W. Wheeler a de son côté illustré l’importance d’anticiper l’organisation de ses données et le nommage des fichiers afin de permettre à des personnes extérieures une meilleure compréhension et réutilisation mais aussi de s’adapter aux contraintes techniques de l’entrepôt retenu (limitation sur des volumes importants). Une documentation de la collecte et du traitement des données permet de répondre aussi à une des rubriques du datapaper (Usage Notes) demandant de « référencer tous les problèmes/limites connus de la base de données »
Le PGD du projet OPAL a permis de clarifier les modalités d’accès et mode de stockage de données très hétérogènes, en rappelant pour chaque type les droits et devoirs de chacun des membres du projet.
- Partager et valoriser : le PGD pour faciliter la publication et la réutilisation
Quel laboratoire ou directeur de thèse n’a pas eu des difficultés à utiliser ou réutiliser les données ou schémas issus d’une thèse dont on ne disposait plus des données brutes ?
P. Genestoux a ainsi pour objectif avec un PGD à l’échelle du laboratoire de promouvoir une traçabilité et une capitalisation des données produites par les doctorants. La démarche mise en place fait l’objet d’une évaluation continue : il est par exemple prévu d’observer l’évolution de la qualité des publications en lien avec la gestion des données.
Pour les données de la thèse de WW, il était important, s’agissant de données rares et coûteuses (données expérimentales sur une période longue), de pouvoir les mettre à disposition de la communauté et de permettre d’autres analyses.Il a souligné que l’écriture de son data paper et le dépôt de ses données sur un entrepôt de confiance auraient été facilités si un PGD avait été écrit au moment de la collecte et du traitement des données pendant la thèse.
Concernant le projet OPAL, la formalisation au sein du PGD de la diversité des données récoltées en SHS a notamment posé la question en sus des enjeux juridiques et éthiques, du dépôt de certaines données pour une possible réutilisation dans le respect des règles de protection des personnes (anonymisation en cours)
Au-delà des bénéfices, on peut également retenir de ces trois témoignages plusieurs éléments en termes de pratiques de gestion et de partage des données et rédaction d’un PGD.
- Le rôle majeur des doctorants, souvent en première ligne dans la gestion des données et un besoin d’accompagnement
Ils constituent une porte d’entrée et un public cible pour favoriser l’acculturation à la rédaction d’un PGD. Le temps de formation et la réalisation de guides adaptés ont également été soulignés comme importants pour s’approprier la démarche.
- L’écriture d’un PGD : une démarche progressive et évolutive avec un temps d’acculturation nécessaire
Au DISP, le parti pris a été celui de la simplicité avec un dispositif au plus près du fonctionnement habituel du chercheur. Les chercheurs du projet OPAL ont préféré travailler sur une version texte de leur PGD en dehors de la plateforme Opidor car jugée trop complexe au vu des multiples partenaires. Chacun souligne un temps nécessaire pour prendre en main le PGD.
- L’appui de compétences variées et un travail collectif : un PGD ne se fait pas seul
Tous ont indiqué le soutien indispensable de différents personnels : le DPO et les services juridiques, le comité d’éthique, les archivistes, mais aussi les personnels de soutien (bibliothèque, documentation, gestion des données) pour déposer des données dans un entrepôt ou accompagner la démarche d’un PGD et sa rédaction.
Pour conclure. Si le PGD peut parfois paraître « fastidieux », comme un document administratif supplémentaire à transmettre à des financeurs qui ne font pas de retour, c’est aussi un moyen de se poser et d’anticiper les questions inhérentes et parfois complexes à tout projet scientifique ou démarche de gestion de données. Répondant à des motivations et raisons diverses de la part des trois intervenants (traçabilité, intégrité et reproductibilité pour le DISP ; obligation pour un projet financé ; ou volonté de partage et valorisation de données), le PGD, par sa formalisation, permet d’anticiper les enjeux juridiques et éthiques, de garder une trace des traitements effectués mais aussi de faciliter le partage et la valorisation des données, ainsi que leur préservation. Il s’inscrit pleinement comme un outil contribuant à une démarche de science ouverte au service d’un triptyque vertueux : publications, données et codes.
Le Comité d’Organisation du webinaire DATALystE remercie chaleureusement les intervenants qui ont partagé leurs expériences (et tâtonnements) auprès de la communauté recherche et les plus 80 personnes présentes qui ont manifesté leur intérêt.
Pour aller plus loin :
> Vous avez des questions sur le PGD : rendez-vous sur la page du guichet unique de DATALystE pour déposer une demande. La majeure partie des établissements partenaires de l’atelier ont un référent PGD : vous pourrez le contacter ainsi si vous ne l’avez pas identifié tout en bénéficiant de l’appui de l’ensemble du réseau des référents PGD.
> Vous souhaitez suivre une formation sur le PGD : surveillez le site DATALystE, rubrique Agenda. Des formations sont régulièrement proposées par les établissements partenaires et même au-delà.
> Il existe aussi des formations en ligne au niveau national :
- Webinaires de l’INIST : Plan de gestion de données : bonnes pratiques de rédaction et Prendre en man DMP OPIDOR pour créer votre plan de gestion de données
- Formation en ligne en autonomie sur DORANum.